Arouna Lipschitz

Entretien avec
Arouna Lipschitz

 

Spiritualité

31 août 2022

Dans le cadre de nos portraits de femmes inspirantes, nous avons rencontré Arouna Lipschitz à Paris pour l’interviewer sur le thème de l’Amour. Nous avons abordé bien d’autres sujets, comme la différence entre l’âme et l’esprit , l’adolescent humilié, le développement relationnel, le bien-être, … une interview passionnante réalisée avec Richard Federmann.

« Il ne faut pas confondre la voie et l’outil. »

Arouna Lipschitz

Arouna Lipschitz, philosophe, a exploré de nombreuses voies de sagesse traditionnelles et modernes. Elle a créé une école de philosophie en ligne , la Voie de l’Amoureux, qui diffuse son enseignement sous forme de cours-vidéos.

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©Barbara Reibel – photo prise avec Arouna lors de l’interview faite dans ses bureaux à Paris.

La trilogie autobiographique d’Arouna, La voie de l’amoureux, Dis-moi si je m’approche etL’Un n’empêche pas l’autre est désormais disponible au format poche.

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Transcription de l’interview d’Arouna Lipschitz 

Barbara : Si je te dis que tu es une femme inspirante, qu’est-ce que tu me réponds ?

 

Arouna : Je suis d’accord. Il faudrait vouloir faire de la fausse modestie ridicule pour dire que ce n’est pas vrai. D’abord je vois bien que j’inspire et en plus de ça je veux me lier à l’esprit donc esprit, inspirant, spirituel. Si on fait du spirituel sans être inspirant il y a un problème. Donc le spirituel c’est quand même mon objectif absolu. Quoi que je fasse : développement relationnel, l’amour sous toutes ses formes. Derrière, ma perspective elle est toujours spirituelle. Donc « spirituel » ça veut dire l’esprit, connexion à l’esprit et je dis bien l’esprit et pas l’âme. J’en ai marre de voir toutes ces confusions entre l’âme et l’esprit.

 

Richard : Mais il y a combien de personnes qui disent « je suis spirituel » et il n’y a rien derrière. Comment tu le définis ? Prouve ce que tu dis.

 

Arouna : C’est vous, si vous n’interviewez pas des femmes inspirantes, il y a un problème. Si vous vous les trouvez inspirantes c’est qu’il y a une connexion à l’esprit. Enfin j’espère.

 

Barbara : Alors est ce que tu peux nous approfondir la différence entre l’âme et l’esprit ?

 

Arouna : Justement c’est là qu’il ne faut pas se faire avoir. Il y a beaucoup de gens spirituels qui ont une belle âme. Ils dégagent quelque chose de l’amour, ils ont une sérénité, ils ont réussi à avoir un état d’âme serein. Mais c’est là qu’il faut faire très attention à la différence entre des états d’âme et l’esprit. D’ailleurs on le sent bien quand on dit : « j’ai un état d’âme » et « je suis dans un état d’esprit ». Ce n’est quand même pas la même personne qui parle. Dans des états d’âme, il y a du ressenti et l’état d’esprit c’est quand on a une pensée inspirée. Ce n’est pas du tout pareil état d’âme et d’état d’esprit.  Donc spirituel, il y a le mot esprit et âme c’est « amour », voilà c’est le ressenti du cœur qui manifeste ça. Tout ce qu’on ressent est vrai mais pas forcément véridique.

 

Richard : Tu as un exemple ?

 

Arouna : Alors je donne toujours le même. C’est le petit garçon qui hurle la nuit et dit « maman maman, il y a un loup dans la pièce ». S’il sent qu’il y a un loup dans la pièce c’est qu’il y en a un. Alors la maman elle arrive, elle dit « il est où » et il dit « derrière le rideau ». Alors elle tire le rideau et dit « regarde chéri tu vois qu’il n’y a pas de loup » et il répond « maman tu es formidable tu as fait partir le loup ». Et ça c’est du ressenti.

 

Richard : J’ai la même choses avec les clés, je ne les trouve pas. J’appelle quelqu’un et je lui dis « t’as pas vu mes clés ? » Et je les retrouve.

 

Arouna : Bah voilà là c’est magique. Il y a de la magie dans tout ça. Mais c’est du ressenti alors il est peut-être magique. Je ne dis pas que ce n’est pas bien, surtout qu’on me comprenne bien, on ne va pas se castrer d’états d’âme délicieux ou de ressentis délicieux. L’un n’empêche pas l’autre, moi c’est toujours les deux. C’est l’un et l’autre. Toute ma spiritualité est une spiritualité du « deux ».

On a tous raison et tort en même temps, en gros.

 

Richard : On peut le savoir quand on a tort ?

 

Arouna : C’est un principe de l’univers, c’est le principe de polarité. Les extrêmes se touchent et dès qu’on est dans l’extrême on est tranquille puisque qu’on est plus que dans de la vérité. On est une tour de Pise. On n’est énergétiquement ou vibratoirement que sur une polarité. Or tout est polarisé dans l’univers et ça c’est un principe de l’univers. Donc il y a toujours deux pôles, les extrêmes se touchent. Les deux pôles, c’est de là que c’est venu. Et moi je cherche une spiritualité qui est une sorte de voie du milieu, c’est à dire une neutralité bienveillante pour soi-même et pour l’autre, pour le monde mais qui est toujours les deux. C’est à dire en même temps il y a oui et non parce qu’on a raison et tort en même temps. Parce que personne ne détient la vérité mais en même temps, alors là je reprendrai la phrase de mon vieil ami, il y a deux mille ans « Que votre oui soit un vrai oui et que votre non soit un vrai non. »  Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’il faut être au milieu. Ça veut dire le fameux milieu comme le pense notre cher président insupportable. En même temps ça veut rien dire du tout. Et puis derrière je peux manipuler tant que je veux : « ça c’est vrai et ça c’est vrai aussi » donc c’est les deux en même temps.

 

Richard : Ce n’est pas une position neutre aussi ?

 

Arouna : Non ça c’est une position manipulatrice du neutre.

 

Richard : Là tu exagères un peu. Neutre c’est neutre.

 

Arouna : Non justement il n’y a pas de position. La vraie position c’est ce que Jésus a dit « Que votre oui soit un vrai oui et que votre non soit un vrai non». Mais là où c’est neutre c’est que le oui n’est pas une affirmation militante, exagérée, réactionnelle et que le non n’est pas dans la colère ou la violence. Ça c’est la neutralité difficile, la spirituelle. L’autre c’est de la neutralité politique.

 

Richard : Jésus faisait de la politique aussi.

 

Arouna : Oui mais bon sa politique était quand même une politique de lumière et d’amour différente quand même et positionnée. On sait où on est, c’est tu dis oui ou tu dis non, tu me suis, tu ne me suis pas mais je ne te raconte pas d’histoires. Je sais où je t’emmène. Faut quand même dire qu’on n’a pas envie de lui dire oui parce qu’il termine sur un chemin de croix qui se termine par la résurrection.

 

Richard : Passer par la mort et ça c’est encore autre chose.

 

Arouna : Si vous ne mourez pas, vous ne vivrez pas. C’est ce que je raconte un petit peu en ce moment. Quand je dis que je sens des fins de « moi ». Il y a des moments de changement de niveau de conscience où on passe par des fins de « moi ». Difficile, exigeante parce que c’est une « fin de moi » sans -s. Ça reprend le « Si vous ne mourez pas, vous ne vivrez pas ». On ne peut pas rester tout le temps sur le même moi. On a des moments où notre système de croyances qui est un système artificiel commence à imploser, ça ne marche plus. Il faut que le système meure.

En fait,  ce n’est pas nous qui mourrons mais c’est le système auquel on s’est identifié.

 

Richard : Donc on est une plante mais qui ne dure que 30 jours. C’est ça ton cycle, c’est quoi ?

 

Arouna : C’est pas 30 jours quand même. Heureusement parce que s’il fallait passer par ça tous les 30 jours ce serait dramatique. Je ne sais pas, là c’est du chacun pour soi. Chacun sa route du « moi » vers « soi », vers cette complétude de l’être où on peut se dire je me sens moi-même.

Je suis qui je suis. Tu viendras m’interviewer dans quelques années parce que moi je n’aime parler que de ce que je vis. Alors je peux parler des fins de mois, des moments de changement de niveau de conscience mais je ne peux pas te dire à quoi ça ressemble quand on arrive vraiment à la complétude mais je sais que le chemin se fait avec la neutralité bienveillante.

 

Richard : Donc les « fins de moi » sont difficiles pour toi en ce moment ?

 

Arouna : En ce moment elles sont très difficiles !

 

Richard : Comment tu mets du beurre dans les épinards comme on dit ou comment tu arrondis tes fins de mois ?

 

Arouna : Je me démerde mais je fais ce que je peux. Les moments où tu comprends que l’autre te comprend même si tu es incompréhensible. Et moi je découvre sur cette route la préciosité de l’autre parce que les gens sont très désarçonnés quand on n’est plus nous-mêmes. Ils ont l’habitude de qui on est quand même et quand tout d’un coup on commence à ne plus être qui on est et sentir quand quelqu’un te dit « comment ça va, je comprends qu’il y a quelque chose qui se passe ? » c’est super précieux. Quelqu’un qui ne se ferme pas devant l’incompréhensible de toi. Ces moments-là de préciosité de l’autre, c’est peut-être ça mon beurre. C’est en accueillant la préciosité de l’autre quand il est là, quand il dit quelque chose. Moi je remarque que chacun donne une petite information qui fait que ça devient vraiment de l’aide. Ça aide énormément donc c’est toujours pareil, c’est l’autre. Il n’y a pas de développement personnel ni spirituel sans l’autre, sans le regard de l’autre, sans la conscience d’altérité qu’il y a de l’autre.

 

Richard : Comment alors tu vis ta solitude puisqu’on a toujours besoin de l’autre ? Est-ce qu’on est vraiment seul ? Ou on est tout le temps vraiment relié à l’autre ?

 

Arouna : Je vais refaire la même chose. En même temps on est seul, on est tout le temps relié à l’autre. Ce qu’il faut c’est arriver à la neutralité bienveillante, c’est dire un oui vraiment neutre et bienveillant à ta solitude et dire aussi un non très fort à l’isolement. Solitude n’est pas isolement. On est seul mais on n’est jamais seul d’un autre point de vue. Seul ne veut pas dire isolé, il y a de l’autre et c’est précieux.

 

Richard : Il y a de l’autre parce qu’on est deux personnages aussi.

 

Arouna : Déjà il y a de l’autre en soi même, ça c’est absolument vrai. Le chemin spirituel commence quand on reconnaît qu’il y a de l’autre en nous-même et qui commence à y avoir de la conscience. Il y en a un qui te dit « tu déconnes là ! », quelqu’un à l’intérieur qui te fait des remarques et des observations. C’est là que commence le vrai chemin spirituel. Quand il y a cet autre en nous qui nous fait des remarques et on ne se vexe pas, il n’y a pas de vexations infantiles ni d’humiliations d’adolescents. L’autre est supérieur peut me faire des remarques et des observations sur le petit là qui voudrait grandir. Tu as tout à fait raison, ça commence par l’autre en nous-même. Lorsque cet autre n’est pas réveillé, on dort. Parce que la vie spirituelle c’est un éveil, un état de conscience éveillé. Un autre nous fait des remarques intérieures et puis petit à petit un autre de plus en plus supérieur qui nous dit des phrases de plus en plus sages et intelligentes. C’est la voie de la conscience est là on est sur un vrai chemin de la conscience, on est sur un vrai chemin spirituel. 

 

 

Barbara : Donc il faut écouter sa petite voix.

 

Arouna : Il ne faut pas seulement l’écouter, il faut la rencontrer. Il faut rencontrer l’autre en nous qui devient notre voie de la conscience et qui grandit. C’est comme un match de football, tu sais, on joue et puis il y a quelqu’un sur les gradins qui te voit et qui te dit « là il faut changer ». L’entraîneur est sur le terrain ce n’est pas pareil. Tu as des gens au-dessus, un « moi » supérieur à ton « moi » joueur de football qui te dit « tu aurais dû le faire un peu comme ça », « ça aurait été mieux comme ça ». Ce qu’on appelle le gourou, un guide, mais après on le déteste parce qu’il nous fait des remarques et des observations tout le temps donc c’est à l’intérieur qu’il faut pouvoir le mettre, c’est là que commence le vrai chemin spirituel. Là on peut accompagner quelqu’un de plus en plus haut parce que c’est quelqu’un qui accepte qu’à l’intérieur de lui-même, il y a quelqu’un de plus haut. A chaque fois que tu es ton « toi » plus haut, il te met à la porte. Moi j’attends que les gens me mettent dehors. Quand je suis sur les gradins plus haut pour leur faire des remarques, j’attends qu’ils me mettent à la porte, qu’ils prennent ce chemin d’élévation, qu’ils puissent se faire des remarques tout seuls, qu’ils n’aient pas besoin de moi pour leur faire des remarques. Je préfère faire des remarques à leur « moi » supérieur qui est de plus en plus haut juste pour voir s’ils ne se racontent pas d’histoires. Je deviens un peu superviseur parce que dans les gradins de football je grimpe, quand eux montent les gradins. Ils me dépassent et puis c’est très bien parce qu’un disciple c’est fait pour dépasser le maître. Pour devenir d’abord un maître lui-même et pour le dépasser. Comme des parents « faut que tu fasses mieux que moi mon chéri ».

 

Richard : Mmmh

 

Arouna : Arrête de faire mmh. Tu ne crois pas qu’il n’y a de bons parents ?

 

Richard : C’est pas mal, ça dépend des parents. Ça dépend sur quel parent tu tombes. Pour certains c’est difficile ou c’est facile ça dépend de la place qu’ils ont.

 

Arouna : Là c’est une autre discussion. C’est là que je dis qu’il y a en nous l’enfant blessé. Je trouve que le développement personnel n’a pas insisté sur un concept que moi j’invente en ce moment : l’adolescent humilié. Ça n’a pas été assez traité. Il y a des bouquins et des bouquins sur l’enfant blessé mais très peu sur l’adolescent humilié. Forcément qu’il a été humilié : il est entre 10 et 12 ans, il a toute sa puissance qui arrive à travers son énergie sexuelle et il y a toujours quelqu’un pour lui dire « tu es arrogant ». Non tu deviens puissant. Cette humiliation-là chez les hommes surtout est très très lente, enfin chez le masculin des femmes aussi.

 

Richard : On verra les cas particuliers plus tard.

 

Arouna : On fera du particulier plus tard mais voilà c’est très important sur le chemin du développement relationnel de cet être en nous même qu’on veut éveiller. Regarder à chaque fois comment notre développement relationnel nous oblige à aller accomplir encore des choses dans notre développement personnel. J’ai vu quelqu’un sur Instagram dernièrement dire en reprenant mon terme de développement relationnel : « le développement personnel est révolu, maintenant c’est le temps du développement relationnel ». Donc non c’est moi qui l’ai inventé, j’ai un copyright depuis dix ans dessus et je pense que ce n’est pas juste de dire que le développement personnel est révolu. Plus on avance en développement relationnel, plus l’autre en nous-même et en dehors de nous-même va nous obliger à aller accomplir du « moi » aimant et bienveillant par rapport à lui-même et du « moi » qui arrête d’avoir peur des autres.

On aura du travail infini sur nous-même grâce à l’autre. Donc ça n’est pas révolu le développement personnel. C’est l’un accomplit l’autre, un peu comme l’amour accomplit la Loi. Si on n’a pas accepté la Loi, on n’accomplira jamais de l’amour. Je ne suis pas venue pour détruire la Loi, je suis venue pour l’accomplir. L’amour vient accomplir la Loi. Le développement relationnel vient accomplir le développement personnel. L’un n’empêche pas l’autre, c’est le titre de mon deuxième bouquin et l’autre n’empêche pas l’un, c’est toujours les deux. Je ne crois pas par exemple à la spiritualité qui est l’accomplissement du soi et puis ça y est, on est arrivé. Je n’y crois pas du tout. Je crois qu’on sera toujours un soi en moi.

 

Barbara : Justement tu parles de la polarité de l’univers pourtant ce qui est divin c’est le chiffre 3 !

 

Arouna : C’est très intéressant ce que tu dis, c’était mon thème de hier. Le chiffre 3 c’est très nouveau. C’est le mystère de la Sainte Trinité. Jusque-là il n’y avait que la conscience d’unité, c’était le 1 absolu. Mon ami, Yvan Amar, qui n’est plus là malheureusement depuis longtemps, disait que le 1 de la spiritualité et de la non dualité c’est souvent « 2 – 1 ». Le moins un c’est plutôt l’autre que moi. Donc la conscience d’unité ancienne traditionnelle. Et pourtant je viens de cette tradition mais aujourd’hui, après tout ce que j’ai reçu de l’enseignement christique, j’ai compris que nous changeons de paradigme spirituel. On est dans un paradigme spirituel où c’est le 3 qui doit faire et pour arriver au 3 il faut bien qu’il y’ait un 2. Ma spiritualité du deux pour arriver à comprendre que le 3 égale 1. Derrière le 3, il faut le 4 : le père le fils, le Saint-Esprit et la vie. C’est par le féminin que le 3 peut s’incarner dans la matière. Le 4 c’est la matière. Évidemment à l’époque c’était trop tôt pour en parler donc il n’y avait que le père et le fils. Avec l’histoire du fils adolescent humilié ça complique les choses ou du fils abandonné par le père donc enfin bref là on est encore tout un sujet.

 

Richard : On rentre dans l’ennéagramme, là.

 

Arouna : Non ce n’est pas du tout le même état d’esprit que l’ennéagrammes. Enfin je ne sais pas mais je ne connais pas mais en même temps moi je crois que tous les outils sont bons mais je réponds à cette question subtile que me pose discrètement la question du 3. C’est quand même la première fois que ça m’arrive.

 

Barbara : Parce que la religion catholique est basée sur le père, le fils et le Saint-Esprit et

si tu lis un peu les écrits, on te dit que Dieu il est dans le 3. L’humain est dans le 2, la polarité, tout ce qui s’oppose.

 

Arouna : Sauf que le 2 tu dois y passer. Tu ne peux pas faire une mathématique du 3 sans passer par le 2. J’essaye d’apporter cette spiritualité du 2 pour changer de paradigme, pour que le paradigme du 3 puisse s’accomplir, il faut qu’il y ait du 2.  On ne le répétera jamais assez.

 

Richard : Et donc le 1 c’est qui ?

 

Arouna : Le 1 ça reste notre complétude à nous qui fait écho à une complétude au tout, au grand tout.

 

Barbara : Donc le but ce n’est pas le 1 c’est le 3 ?

 

Arouna : Tout est dans le 1. On ne pourra jamais éviter d’avoir ça comme référence.

 

Barbara : Tout est contenu dedans.

 

Arouna : 1 ça passe par le 2 et 2 c’est comment ça s’incarne. Je ne devrais pas dire ça comme ça parce que je vais mélanger tout le monde avec le 1 et le 2. Dans ma présentation, ce que je veux dire c’est que pour qu’un jour le 3 puisse s’incarner dans la matière, d’abord faudra remettre le féminin : le 4. C’est rarissime qu’on me pose cette question. Ça veut dire que le monde commence à être prêt à comprendre. Il faut que le XXIème siècle soit spirituel et si on ne comprend pas ça on va se casser la gueule grave. Avec la rentrée qui nous attend, le système nerveux il va péter les plombs.

 

Richard : *Fait piocher un mot dans le sachet du « A »

 

Arouna : *Pioche le mot AVANTAGE

 

Richard : Ça ne te parle pas ?

 

Arouna : Attends, avantage c’est avoir une conscience. L’humain, on nous a donné un truc extraordinaire : on nous a donné la parole et la conscience. On peut être conscient de nous-même. Je ne sais pas si un autre règne animal ou végétal peut être conscient de lui-même. Nous on nous a donné la capacité d’être conscient de nous-même, de nous rendre compte à nous même. Sachant que c’est un cadeau extraordinaire. Avantage, moi je pense cadeau. Je trouve qu’on a un cadeau extraordinaire de pouvoir évoluer en conscience, de nous avoir donné cette liberté parce que c’est une liberté incroyable de choisir, d’ouvrir de plus en plus les yeux et de choisir.

 

Richard : La dernière fois je pensais à ça, en tant qu’homme libre, j’ai le choix et la grande difficulté pour moi c’est de choisir à chaque fois. Alors je me suis mis à la place de quelqu’un qui n’a pas le choix. C’est intéressant parce qu’il est sur une voie.

 

Arouna : Écoute je ne veux pas faire de la pub, mais là je vais avoir le 23 juin une conversation libre avec Philippe Guillemant, le physicien et nous allons converser ensemble. On a déjà eu

quelques conversations de presse, on a fait connaissance et là on va parler justement du libre-arbitre et du choix. Est-ce qu’on a le choix et moi je vais rester dans ma neutralité bienveillante pour dire qu’il me semble que « je ne peux pas décider », le petit « moi » ne peut pas décider.  J’ai toute une théorie là-dessus. On croit que c’est nous qui décidons mais notre désir nous précède. On n’est que des copies entre le biologique, nos parents, le transgénérationnel nos mimétismes spirituels… Tout ce qu’on se trimballe est choisi parce qu’on a été. Ça demande déjà de libérer beaucoup du passé pour commencer à avoir la liberté de son choix. Je crois que pour s’ouvrir vraiment à des choix, c’est vibratoire. Le futur résonne avec nos vibrations et du coup si on élève nos vibrations, on choisit ou plutôt on choisit à la mesure où on élève nos vibrations. Nos choix arrivent en fonction de combien on vibre à l’intérieur avec des fréquences plus ou moins élevées au niveau spirituel.

 

Richard : Alors pour s’élever dans des vibrations, on va choisir quoi, des chants ? des méditations ? Des outils ?

 

Arouna : Je vais dire une chose très claire : tous les outils sont bons s’ils nous font du bien. Tous. Moi je n’ai rien contre aucun outil. Tout ce qu’il y a sur notre route est bon. Même une aspirine, elle ne va pas nous permettre de savoir pourquoi on a mal à la tête mais il faudrait être maso pour ne pas prendre une aspirine ou du doliprane quand on a mal à la tête. Mais le doliprane ne dira jamais pourquoi j’ai des douleurs, ni l’aspirine. C’est la conscience qui va faire le boulot. Tous les outils sont formidables s’ils nous font du bien. Il ne faut pas confondre l’outil et la voie.

 

Richard : Quand tu dis prendre l’outil qui nous fait du bien ….mais si on devient dépendant à cet outil ?

 

Arouna : Là ça devient une voie et là on se plante parce que la seule voie c’est nous-même. On est manipulé par toute la lignée spirituelle qui est derrière l’outil parce qu’on est mimétique. Notre voie c’est notre chemin à nous.  Qu’est-ce que je prends ? je prends cet outil parce que ça me fait du bien mais je ne vais pas devenir dépendant à l’outil.  Je peux te donner plein d’exemples. La méditation transcendantale, magnifique,  je peux très bien me servir de ça et je le fais. Il peut m’arriver de méditer juste pour être le grand tout. Mais je ne sais plus ma voie spirituelle, la preuve c’est que je suis en train de te parler d’une autre spiritualité que la spiritualité transcendantale, de la non dualité ,mais ça n’empêche pas de temps en temps d’utiliser l’outil.

 

Richard : Les personnes utilisent l’outil et disent qu’ils y sont arrivés.

 

Arouna : C’est la confusion entre l’outil et la voie, c’est un de mes grands sujets.

 

Richard : Là on vient de le développer.

 

Arouna : Un petit peu. En tous cas ,c’est incroyable que vous m’ameniez ces réflexions car c’est des  réflexions que je fais avec mes gens en atelier, c’est ce que j’appelle mes conversations enseignantes. Honnêtement je suis étonnée mais émerveillée de voir que vous me parlez de ça alors qu’honnêtement c’est tout neuf. C’est tout neuf de pouvoir commencer à comprendre tout ça et de commencer à comprendre que la voie n’est pas un outil. Sinon on se croit arrivé avec les outils. On va faire une boîte « bien-être » comme si le bien-être était la vérité définitive et universelle. Mais c’est quoi le bien-être, c’est de se sentir bien. Bien sûr c’est important de viser le bien-être mais est-ce que ça va devenir ma voie. Toute ma vie, je ne vais chercher que du bien-être ? Ça devient une voie de bisounours, la voie du bien-être. Je veux éviter le conflit, je veux éviter la friction. Alors mon ami Yvan Amar, que j’ai connu comme un frère d’âme, disait « quand on veut éviter la friction, on fait de sa vie une fiction ».

 

Richard : Il est bon Amar.

 

Arouna :  *Pioche le mot  MESQUIN.

 

Là on est en plein développement relationnel pour moi. L’objectif c’est le 4B: le bien, le bon, le beau et le bio. Les trois premiers c’est platonique,ce n’est pas moi. Alors moi j’ai rajouté le bio c’est comment je suis vivant combien je donne de la vivance au monde. Le mesquin ça me fait penser à « mon beau ». Personne ne parle du beau : c’est « est ce que c’est bien ? » ou « est ce que c’est bon ? ». C’est les gens qui se demandent s’ils sont dans le chemin juste, comme ça, dans les voies de connaissances où tout doit avoir du sens. Est-ce que c’est juste, est-ce que ça a du sens ? Très bien mais le sens ce n’est pas non plus une voie, les outils qui donnent du sens sont très importants. La connaissance est capitale pour donner du sens à sa vie. Mais le sens c’est pareil, ça donne de la sagesse, mais ce n’est pas forcément la complétude personnelle. Mais est-ce que c’est beau ? Est-ce que je suis quelqu’un de joli ? Et quand on dit « c’est une belle personne », c’est pas pareil. Le beau ça touche à ne pas être mesquin. Mesquin ça me fait penser à vilain. On dira que ce que tu as fait c’est très vilain, tu as été moche, j’ai fait quelque chose de moche on n’en parle pas beaucoup. Pour moi moche et mesquin c’est pareil. On a été radin de soi, de sa beauté, de la reconnaissance de la beauté de l’autre, on est mesquin, on fait petit, on donne radin etc. Ça ce n’est pas beau. Pour que ce soit beau il faut être généreux.

 

 

Arouna : *pioche le mot OCCULTER

 

Occulter ça me fait penser aux sciences occultes donc voilà encore une fois le grand mystère de ne pas occulter. Ne pas occulter le mystère de l’amour. Je vais citer une phrase de Francois Cheng que j’aime beaucoup, il dit : « l’éternité n’est pas de trop pour apprendre à dire je t’aime » et je pense que le plus grand mystère, c’est l’amour.  Il ne faut pas l’occulter, tous les gens en éveil spirituel occultent souvent le mystère de l’amour. Ils se font rattraper d’ailleurs, souvent au bout de leur éveil, ils tombent amoureux et ça bouleverse tout. Yvan ça lui est arrivé, il était très éveillé et à la fin il a compris que la seule chose qui compte c’est la relation. Sur tous les chemins spirituels de développement personnel et de développement relationnel, le plus important c’est de ne jamais occulter le mystère.

 

Barbara : Tu parles des sciences occultes. Est-ce que pour toi la kabbale c’est une séance occulte ?

 

Arouna : C’est une voie de connaissances très importante mais aujourd’hui c’est devenu un outil pour moi. Je ne suis pas kabbaliste et je n’ai pas choisi la voie kabbaliste même si certains de mes outils comme l’arbre de vie, sont l’une de mes plus grandes références. Si on s’arrête là, si on ne lâche pas un moment la connaissance, on ne pourra pas aller vers le chemin de résurrection, sur le chemin de la vérité de soi-même. Le sens devient une voie. C’est un des problèmes kabbalistes, d’ailleurs, regarde dans la kabbale le verbe au présent n’existe pas. Le verbe « je suis » n’existe pas, c’est toujours un « je serai ».  C’est vraiment une philosophie, une voie du devenir alors c’est rigolo moi qui ai toujours défendu ça, je le défends aujourd’hui comme outil mais pas comme voie. 

 

Barbara : Donc quand tu dis qu’il faut lâcher la connaissance, il faut la remplacer par l’expérience, par quoi ?

 

Arouna : Non par la conscience.

 

Richard : La conscience c’est quoi ?

 

Arouna : C’est tout ce qu’on vient de dire. Comment je vais vivre de plus en plus. Accepter que quelqu’un sur les gradins me regarde jouer, me fasse des observations et des remarques. Au-dessus dans les gradins tu as quelqu’un qui observe l’observateur qui t’observe. Tu me demandais l’outil, ça c’est mon outil d’éveil de conscience. Être capable d’être dans une observation bienveillante parce que dès qu’on s’observe, on se juge. Ce n’est pas important que tu aies bien joué ou mal joué, ce qu’il faut c’est que tu t’observes. La physique quantique nous a expliqué que quand on observe quelques chose, la chose observée, elle bouge. L’observateur fait bouger ce qu’il observe. Je me fais bouger moi par ma seule observation. Il n’y a pas besoin de se prendre la tête avec des grandes outils spirituels, je m’observe d’une manière neutre et bienveillante. Bienveillante pas surveillante, avec quelqu’un qui est au-dessus de moi à l’intérieur de moi-même. On va encore finir un truc sur occulter. Il faut arrêter d’être dans l’ésotérisme. C’est le temps de faire l’exotérisme. La connaissance est capitale sur le chemin de l’éveil. Il faut beaucoup de connaissances pour pouvoir entrer dans un chemin d’éveil qui ne soit pas justement du ressenti et qui se confonde avec des états d’âme. C’est la connaissance qui fait que ça reste un état d’esprit donc c’est très important de l’avoir mais en même temps il faut que l’ésotérisme devienne l’exotérisme. La vie est un temple et l’autre est notre meilleur initiateur. On n’a pas besoin d’ésotérisme. Les grands trucs ésotériques c’est de la vieille tradition initiatique. Si on choisit cette voie d’ésotérisme, on est dans des mimétismes spirituels de société. On croit que c’est nous qui avons choisi mais en fait on répète des choses qu’on a connues.

 

Barbara : Quand tu parles de société secrète, tu parles des francs-maçons par exemple ?

 

Arouna : Par exemple. Je ne préfère même pas en parler mais c’est tous les gens qui font école, qui pensent qu’il y a des choses secrètes.

 

Richard : Plus je montre ce que je ne montre pas, plus je fais croire que je suis un mystère.

 

Arouna : Mais bon en même temps le principe de polarité c’est vrai qu’on est un mais en même temps si ça devient une voie, si on finit par s’identifier à ça, alors là on tombe.

 

Richard : On crée nous même une illusion. C’est intéressant parce que tu me racontes quelque chose c’est ton histoire et ce n’est pas la mienne. Donc finalement on est des inconnus l’un et l’autre.

 

Arouna : C’est ça qui est formidable. L’autre sera toujours étranger à nous-même. C’est ça la conscience d’altérité. C’est le fameux 2 avant le 3. Pour l’avenir on ne peut pas faire un éveil spirituel si on n’a pas éveillé sa conscience d’altérité. Ce mystère de l’autre.

 

Barbara : D’où la difficulté aussi des couples d’aujourd’hui de l’amour parce qu’il y a une espèce de vision romantique de l’amour, de mon alter ego, ma moitié etc.

 

Arouna : Le prince charmant. J’ai une blague mais je n’ose pas la raconter parce qu’elle est dégoutante. Mais j’vais la raconter quand même. Pourquoi les mères juives regardent des films pornos jusqu’au bout ? Parce qu’elles espèrent toujours que ça va se finir par un mariage.

 

Barbara : Ce n’est pas dégoûtant c’est mignon.

 

Arouna : Si on laisse l’amour et qu’on croit que l’amour c’est la prérogative du cœur et que le cœur a la prérogative de l’amour, ce ne sera pas spirituel. Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien,  il n’y a pas d’esprit saint. Le cœur lui il en a des mémoires de blessure et donc on invente tout un futur sur des mémoires blessées. Il est grand temps de rajouter effectivement du spirituel au développement relationnel. Le moment est venu d’ajouter du développement spirituel au développement relationnel. Sinon on confond les états d’âme avec l’éveil spirituel. On est en pleine répétition mimétique de très vieilles idées sur l’amour et on n’est pas ouvert au mystère de ce qui est en train d’arriver. Je suis persuadée qu’on va avoir des éveils spirituels sur l’amour dans les années qui viennent qui vont être très surprenantes. Je sens profondément que là on va avoir des surprises d’éveil, comme en ont eu certaines personnes. Il y a le mystère de l’amour à découvrir et je crois qu’on en est loin. Cœur blessé pour le féminin et adolescent humilié pour le masculin. Il y a du boulot en développement personnel. Je n’ai pas dit que c’était de la tarte. Il y a quelqu’un qui m’a dit n’en parle pas trop parce que tu n’auras personne et c’est vrai que du coup je panique, je me dis il n’y aura plus personne qui voudra m’écouter. Ça m’arrive de temps en temps de me réveiller avec cet espèce de cauchemar en me disant « ta gueule » parce que vaut mieux ne pas le dire mais je ne peux plus ne pas le dire.

 

Richard : C’est évident de dire ça alors on n’apprend plus rien. On ne peut plus suivre un chemin sans ça.

 

Arouna :  Il ne donne pas envie à tellement de gens le chemin de la vérité. Chaque fin de « moi » c’est difficile, chaque fois que tu dois lâcher un bout de ton « moi » artificiel tu sais combien c’est difficile mais en même temps tu sais que c’est ça le chemin.

 

Richard : Quand tu lâches quelque chose, t’as pas l’impression qu’il y a une compensation, que c’est remplaçé par autre chose ?

 

Arouna : Bien sûr mais de « moi » en « moi » ça va compenser ce que j’appelle le « moi » compensé, le meilleur possible.

 

Arouna : *pioche le mot : UNIFIER

 

S’unifier c’est ce fameux « soi », ce sera une unification, mais qui sera une unification entre le « soi » et le « moi » et qui ne sera jamais parfaite. L’enjeu ça reste toujours ce fameux 1 être unifié, être soi-même.

 

Barbara : Donc on peut dire que c’est complexe ou difficile  ?

 

Arouna : C’est complexe c’est sûr alors là je renvoie à mon cher Edgar Morin sur la pensée complexe, « il n’y a rien de pire que de vouloir simplifier le complexe » parce qu’alors c’est là qu’on arrive aux tartines. Il faut garder la complexité de la pensée mais ce n’est pas pour ça que c’est difficile, c’est exigeant par contre. La preuve c’est que quand tu observes , si on arrive à observer de manière neutre, il en ressort quelque chose de négatif. Donc ce n’est pas le meilleur de nous mais quand on y arrive ce qui est extraordinaire, c’est que quantiquement ça bouge donc aucun effort. On voit le mouvement changer rien que par l’observation. L’exigence c’est de ne pas se raconter d’histoires mais une fois qu’on accepte, ça roule. Je dis toujours : « si ça ne vous fait pas souffrir, continuez ce que vous faites. Moi je ne fais pas de militantisme ni de prosélytisme spirituel. Si vous commencez à vous identifier à un « moi » souffrant, là je commence à dire que ça ne va pas.

 

Richard : Vous parlez de la chrétienté et lui aussi il est identifié à la souffrance.

 

Arouna : C’est nous qui l’identifions à la souffrance. Parce que de ce mimétisme spirituel de l’époque, on a gardé un droit à la souffrance. L’amour crucifié nous donne quand même le droit de souffrir non ? On a oublié que cette souffrance elle a conduit à la résurrection, à la victoire sur la mort.

 

Richard : Il a vite compris le système. Il a été bien entouré et avait bien compris le mécanisme.

 

Arouna : Pouvoir dégager une énergie vite de vie tellement forte qu’elle vainc l’amour, là il faut quand même le faire. Ce qui est important dans ce que tu dis là c’est qu’on s’est donné le droit à cette époque de souffrir. Il y a un travail à faire sur les mémoires dites palestinienne parce que c’est l’époque de la Palestine. Là on a tout un boulot à faire mais pour ça il faut suivre les universités. Je suis en plein enseignement là-dessus, c’est en cours. Ce que je dis c’est que si on a bonne mine ça va mais si on souffre il faut se poser des questions. Pourquoi on veut rester accroché à un « moi » souffrant. Pourquoi on ne veut pas juste l’observer. Certains veulent avoir la vie dure : j’ai des épreuves initiatiques pour grandir, donc j’existe.

 

Richard : Tu préfères prendre l’escalier où l’escalator quand tu montes ?

 

Arouna : Je préfère prendre les escaliers. Faut être prêt à creuser, voir dans les souterrains et aller observer ce petit « moi » qui veut souffrir.

 

Barbara : Je voulais juste échanger sur le fait que la religion en tout cas la chrétienté a mis en avant la souffrance.

 

Arouna : Le jour où on verra des christs heureux en gloire dans les églises on aura gagné.

 

Barbara : Est-ce que tu crois que ça peut arriver un jour ?

 

Arouna : En tout cas c’est vers ça que je tends, c’est mon enseignement et c’est ce que j’essaie de faire comprendre aux gens. Le but c’est de retrouver ce pouvoir de résurrection.

 

Barbara : Oui parce que quand on regarde le Bouddha, et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles le bouddhisme attire autant de gens, c’est qu’il est paisible, il est beau, il est agréable, il est zen.

 

Arouna : C’est un outil formidable le détachement, mais si on en fait une voie. Le bouddhisme n’est pas tellement ma lignée mimétique même si le bouddha il a fait la route quand même pour y arriver.  Que ce soit l’hindouisme, les arts martiaux toutes ces lignes, il faut bien voir ce qui relève de nos mimétismes. Il faut juste savoir ce qu’on fait. Moi j’essaie de faire une vraie grille de lecture sur les différentes lignes et les outils.

 

Arouna : *pioche le mot : REVENU

 

Je pense que c’est vraiment l’histoire de la matière, qu’il n’y a pas de raison non plus que ça n’aille pas jusque dans la matière. Moi je dis que les épreuves initiatiques classiques, c’est le pouvoir, le sexe et l’argent. Il y a plus de difficultés avec l’argent que des difficultés d’argent. Qu’est-ce qu’on emporte de l’autre côté avec nous ? Comment on se débarrasse de tout ce qui est artificiel. Alors c’est pareil avec l’argent, le problème ce n’est pas l’argent, c’est l’identification de l’argent. En avoir dans les poches ce n’est pas un problème, en avoir dans la tête c’est un problème. La seule chose que je dont je suis sûre c’est que c’est un autre test de réalité la matière et l’argent. Là on est lié à la mère, l’identification à la sécurité, au manque, à la peur du manque ça c’est des problèmes et donc il faut en être conscient.

 

Barbara : Pourtant on a l’impression, dans le développement personnel en particulier, qu’il y a cette espèce de déconnexion à l’argent. Ce n’est pas bien de rentrer dans un cheminement spirituel et de vouloir gagner de l’argent en même temps.

 

Arouna : Cette séparation entre l’esprit et la matière c’est ce fameux 4 qui va la remettre dans le 3 pour devenir 1 pour aller s’incarner jusqu’au bout. On sait que c’est une matrice illusoire

mais il faut faire avec.

 

*pioche le mot SOLITAIRE

 

On est seuls mais pas isolés et on n’est jamais seuls. La route est très solitaire, personne ne pourra sentir notre mal de dents, et c’est pour ça que c’est très précieux quand quelqu’un comprend un tout petit peu. J’aime la phrase de Christian Bobin : « Aimer c’est prendre soin de la solitude de l’autre sans prétendre la combler ». Jusqu’au jour où notre âme devient un sanctuaire. On ressent la beauté de l’âme, je suppose qu’à ce moment-là ce n’est plus une solitude bienheureuse.

 

Richard : Ça s’appelle la résonance.

 

Arouna : La résonance d’âme.

 

Barbara Reibel Coach Happiness

Barbara Reibel

Coach Happiness, Auteure et Blogueuse
Fondatrice du site Happiness Factory et du blog En 1 mot

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