Le Tao du vélo par Julien Leblay

Le Tao du vélo par Julien Leblay

21 décembre 2014 0 Par Barbara Reibel
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« Le plaisir ne vient pas des kilomètres accumulés mais de ce que l’on vit au fur et à mesure qu’on les égrène »

J’ai déniché la collection « Petite philosophie du voyage » en me rendant à un Salon du tourisme. La maison d’éditions Transboréal veut, je cite : « promouvoir le travail d’auteurs, d’illustrateurs et de photographes ayant fait preuve d’abnégation et de courage lors d’études ou de voyages au long cours marqués par une réelle connivence avec le milieu humain ou le monde naturel. ». Joli. Mon regard a été immédiatement attiré par « Le Tao du vélo ». On se demande bien pourquoi. LoL.

L’auteur, Julien Leblay, a parcouru en vélo près de 50000 km à travers 36 pays. Son livre, qu’il qualifie de « Petites méditations cyclopédiques », décrit bien plus que le voyage lui-même : la rencontre de soi, la découverte de ses propres limites. Bien sûr, il nous décrit aussi les joies et les peines du « cyclonomade » : pousser le vélo dans les montées, se faire offrir le gîte et le couvert par des inconnus, réparer un pneu crevé, découvrir des paysages inoubliables « à vitesse humaine », pédaler sous la pluie.

Julien Leblay nous parle de cet outil de communication qu’est le vélo, qui installe la confiance et délie les langues et dont le propriétaire laisse à ses hôtes de passage du merveilleux, de la passion et de la gaité. En 1 mot : du rêve. Il nous apprend aussi, plus prosaïquement, que la première question qu’on lui pose est souvent celle du prix de sa monture, qu’il a baptisé Teresa et considère comme sa compagne.

L’Homo pedalus fait partie d’une grande famille : celle qui veut parcourir le monde à vélo, voyager différemment, « by fair means » et dont les membres, petits et grands voyageurs, obéissent tous à un code de conduite. Ainsi, quand des cyclistes se croisent dans un lieu peu fréquenté, il convient de s’arrêter. De même, lorsqu’un cycliste est en rade, il est d’usage de le dépanner.

N’est-ce pas là l’une des plus grandes libertés que celle d’avoir assez pour subsister et trop peu pour gaspiller ?

Et puis, troquer son logement, « source de confort mais aussi de tracas » contre une demeure ambulante sommaire qui permet de renouer avec la liberté, vivre ses 30 kg de bagages comme une chance plutôt qu’une contrainte, découvrir que les ascensions les plus pénibles sont aussi celles qui offrent les plus belles vues et font les meilleurs souvenirs, que voyager à vélo aiguise le sens de la débrouillardise et de la sobriété, constater aussi que s’entraîner ne sert à rien car c’est après le départ que le voyageur se forge, au contact des éléments et des difficultés.

À propos de l’auteur

Transfusé à l’âge de 16 ans suite à un grave accident de tracteur, Julien Leblay, 28 ans, originaire du phidjuPuy de Dôme, co-créé en 2004 l’association Les Voyageurs au grand Cœur. Son but est de promouvoir le don du sang et la place des deux roues sur la route. Après un Tour d’Europe vélo moto inédit de 5400 km, l’aventure se poursuit en Nouvelle-Zélande en 2005 pour un périple de 2750 km à vélo, puis dans les Balkans en 2006 et 2007 pour près de 10.000 km, en Amérique du Sud pour un voyage de 11.000 km entre Lima et Ushuaia, et enfin en Eurasie et Océanie de 2010 à 2012, 22.000 km entre la France et la Nouvelle-Zélande, toujours à vélo et pour le don du sang. Julien Leblay se consacre aux voyages, conférences et périples à vélo. Il a écrit plusieurs livres relatant ses voyages à vélo et réalisé un film dont la bande annonce est visible sur Youtube.

  

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