L’effet baskets rouges ou comment écrire votre propre histoire 

L’effet baskets rouges ou comment écrire votre propre histoire 

6 octobre 2018 0 Par Barbara Reibel
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Temps de lecture moyen : 6 minutes.

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Francesca Gino, professeure à la Harvard Business School, nous montre pourquoi les plus prospères d’entre nous enfreignent les règles et comment la rébellion apporte joie et sens dans nos vies. L’auteure soutient que l’avenir appartient aux rebelles – et qu’il y a un rebelle en chacun de nous.

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« Il n’y a pas de meilleur moment pour devenir rebelle que maintenant. »

Francesca Gino

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Vous voulez être plus respecté(e) au bureau ? Portez des baskets rouges au travail. D’accord, ce n’est peut-être pas aussi simple que ça. Mais des recherches récentes montrent que les personnes qui portent des vêtements décalés dans un cadre professionnel – les rebelles aux normes – sont souvent perçues comme possédant un statut plus élevé et plus de compétences que celles qui s’habillent de façon conventionnelle.

Pensez au PDG de Facebook, Mark Zuckerberg en sweat à capuche, ou au PDG d’Apple Steve Jobs en col roulé et jeans noirs. Pour de nombreux observateurs, ces chefs d’entreprise ont exprimé leur confiance en eux en rejetant le traditionnel costume-cravate.

Même chose dans les universités. Anat Keinan, professeur adjoint de marketing à la Harvard Business School, et Silvia Bellezza, doctorante à HBS, ont remarqué qu’aux conférences académiques, ce sont souvent les professeurs chevronnés qui s’habillent de manière plus décontractée que les étudiants ou d’autres personnes moins reconnues. Ils ont également noté que les gens avaient tendance à s’habiller de façon moins formelle lors des réunions académiques à mesure qu’ils gagnaient en prestige.

« Nous voulions savoir à quel moment nous (les observateurs) pensions qu’une personne habillée de façon décontractée se démarquait et pourquoi ? Que se passe-t-il psychologiquement ? » a déclaré Silvia Bellezza.

Keinan et Bellezza, en collaboration avec Francesca Gino, professeure agrégée de HBS, ont mené une série d’études pour évaluer comment les gens réagissent à différents « comportements non conformistes », comme de porter des vêtements de gym plutôt qu’une tenue élégante dans une boutique de luxe, ou de porter des baskets lors d’un événement professionnel.

Dans The Red Sneakers Effect : Inferring Status and Competence from Signals of Nonconformity, un article paru dans le Journal of Consumer Research de juin 2014, les chercheurs ont constaté que les observateurs percevaient d’une personne non conformiste qu’elle avait un statut plus élevé et plus de compétence lorsqu’ils croyaient que la personne était au courant de la norme établie mais qu’elle avait délibérément choisi d’enfreindre les règles. Cette personne était alors considérée comme autonome et suffisamment confiante pour agir de façon indépendante et créer ses propres règles.

Les gens déploient de grands efforts pour respecter les codes vestimentaires dans les milieux professionnels et non professionnels, avec la conviction que le fait de se conformer à ces règles écrites et non écrites les aide à être acceptés aux yeux des autres. Ainsi, les résultats favorisant ceux qui enfreignent les règles semblent contre-intuitifs.

« Nous investissons tellement de temps, d’énergie et d’argent à essayer de nous intégrer, d’être comme tout le monde et de nous habiller comme on s’attend à ce que nous le fassions, tant dans notre vie professionnelle que sociale », déclare Keinan. « Il s’avère que si vous portez les vêtements dans lesquels vous êtes à l’aise, plutôt que de faire tous ces efforts et toutes ces dépenses, vous pourriez être très bien perçu. »

L’effet baskets rouges

Beaucoup de gens portent des articles de luxe avec ostentation dans le but d’obtenir du prestige auprès de leurs pairs. Ces recherches montrent que la non-conformité peut envoyer un signal de statut élevé en démontrant que les gens qui s’écartent ainsi de la norme peuvent se permettre de suivre leur propre voie – une perception que les chercheurs ont appelée « l’effet baskets rouges ».

« Au lieu de montrer que vous pouvez vous permettre de dépenser de l’argent, vous montrez que vous pouvez vous permettre de dépenser votre capital social », assure A. Keinan. « C’est une façon d’affirmer : « Je suis tellement autonome et j’ai tellement de succès que je peux me permettre de m’habiller d’une façon non conformiste. »

Les chercheurs ont trouvé des résultats similaires avec leurs autres études :

  • On a demandé aux étudiants de l’Université Harvard ce qu’ils pensaient des professeurs en fonction de leur apparence. Ils ont découvert que les étudiants de Harvard considéraient un professeur masculin non rasé qui portait un T-shirt comme ayant un statut professionnel et une compétence supérieure à un professeur rasé qui portait une cravate.
  • Les chercheurs ont étudié les réactions des cadres participant à un symposium officiel dans une prestigieuse école de commerce où un professeur portait des baskets Converse rouges. Les cadres qui ont déclaré posséder une paire de « chaussures originales » ont attribué à ce professeur un statut professionnel plus élevé que les autres – confirmant l’idée que les personnes ayant « un besoin élevé de se sentir unique » accordent un statut plus élevé à la non-conformité que les personnes ayant « un faible besoin de se sentir unique ».

« Les gens qui aiment s’écarter de la norme, ceux qui aiment les produits uniques, sont plus susceptibles de voir le signal et de l’interpréter positivement », soulignent Bellezza.

Le message clé selon les auteurs est simple : « Non seulement c’est OK d’être soi-même, mais cela peut même s’avérer très bénéfique car cela nous permet d’être perçu comme une personne confiants, autonome et bien considérée. »

Devenir rebelle

Dans son livre Rebel Talent: Why It Pays to Break the Rules at Work and in Life, Francesca Gino, explique comment la rébellion apporte joie et sens dans nos vies.

Les rebelles ont une mauvaise réputation. Nous les considérons comme des fauteurs de troubles, des parias, des opposants mais en vérité, les rebelles sont aussi ceux d’entre nous qui changent le monde pour le mieux avec leurs perspectives non conventionnelles. Au lieu de s’accrocher à ce qui est sûr et familier, et de retomber dans la routine et la tradition, les rebelles défient le statu quo. Ils sont maîtres de l’innovation et de la réinvention, et ils ont beaucoup à nous apprendre.

Le leadership rebelle

Pour Francesca Gino, le leadership rebelle signifie combattre nos pulsions humaines naturelles vers ce qui est confortable et familier. Nous avons un désir inné d’être acceptés par les autres et donc de nous conformer régulièrement à leurs opinions, préférences et comportements. Nous remettons rarement en question le statu quo. Nous acceptons facilement les rôles sociaux existants et sommes victimes de préjugés inconscients comme les stéréotypes. C’est dans la nature humaine de rester étroitement concentrés sur notre propre perspective et sur l’information qui nous donne raison.

Par opposition, les rebelles se connaissent eux-mêmes et sont conscients de leurs limites, mais ils ne croient pas qu’il y a des limites à ce qu’ils peuvent accomplir. Comme les pirates, les rebelles suivent leurs propres « règles ».

Les Huit principes du leadership rebelle

Voici les 8 principes énoncés par l’auteure, qui s’appuie beaucoup sur l’analyse d’organisations « dissidentes », y compris celles des pirates au 18ème siècle.

  1. CHERCHER LA NOUVEAUTÉ
    > y compris dans les tâches répétitives
  2. ENCOURAGER LA DISSIDENCE CONSTRUCTIVE
    > écouter les opinions contraires
  3. OUVRIR LES CONVERSATIONS, NE PAS LES FERMER
    > utiliser le « plussing » c’est-à-dire l’ajout d’idées constructives à une discussion
  4. SE RÉVÉLER – ET LE PROJETER
    > admettre ses forces et ses faiblesses, et rester fidèle à soi-même
  5. TOUT APPRENDRE, PUIS TOUT OUBLIER
  6. TROUVER LA LIBERTÉ DANS LES CONTRAINTES
  7. DIRIGER DEPUIS LES TRANCHÉES
    > mettre la main à la pâte en tant que dirigeant
  8. FAVORISER LES ACCIDENTS HEUREUX
    > transformer une coïncidence ou un échec en réussite

Quel genre de rebelle êtes-vous ?

La spécialiste du comportement et professeure à la Harvard Business School a passé plus d’une décennie à étudier les rebelles dans des organisations du monde entier et a constaté qu’il en existe de nombreuses variétés. Ils se comportent différemment et ont besoin d’approches différentes pour développer leur talent.

Comprendre ce que Francesca Gino appelle votre Quotient Rebelle est un premier pas important. Sur le site de son livre www.rebeltalents.org (en anglais), vous trouverez une évaluation gratuite « The Rebel Test » pour déterminer quels ingrédients rebelles sont les plus naturels pour vous et où vous avez le plus d’espace pour pousser. Il s’agit d’un questionnaire de 5 minutes qui vous assigne à l’un des 4 profils de rebelles selon l’auteure : The Traveler, The Climber, The Pirate et The Guard.

quel rebelle êtes-vous

Être rebelle est inconfortable. Mais en devenant plus conscient de votre propre profil rebelle, vous serez plus à l’aise avec l’inconfort. Après tout, être un rebelle signifie lutter contre des éléments de la nature humaine. Mais cela peut aussi être incroyablement excitant et satisfaisant : même de petits changements dans votre approche du travail et de la vie peuvent produire de puissants résultats.

Francesca Gino soutient que l’avenir appartient aux rebelles – et qu’il y a un rebelle en chacun de nous.

Et la rébellion a un avantage supplémentaire au-delà du lieu de travail : elle mène à une vie plus vitale, plus engagée et plus épanouissante.

Barbara Reibel

Sources

The Manager In Red Sneakers: How To Gain More Respect At The Office par Dina Gerdeman paru dans Forbes

S’imposer au travail sans élever la voix par Madison Darbyshire paru dans Le Nouvel Economiste

Crédit photo Stanislav Kondratiev


Exemple d’étude menée par Anat Keinan, professeur assistant de marketing à Harvard Business School, Silvia Bellezza, candidate à un doctorat HBS et Francesca Gino  professeure associé HBS.

Les chercheurs ont demandé à deux groupes de participants – des vendeuses dans des boutiques de luxe à Milan et des femmes recrutées à la gare centrale de Milan – de répondre à une enquête sur des clients potentiels entrant dans une boutique de luxe, certains habillés en tenue de gym et en montre Swatch, d’autres portant des robes élégantes, des manteaux de fourrure et des montres Rolex.

Les vendeuses qui savent bien que les gens fortunés visitent parfois des boutiques de luxe vêtus de vêtements décontractés ont dit qu’une cliente est plus susceptible de faire un achat et d’être célèbre quand elle porte des vêtements de sport ou une Swatch que quand elle porte une robe élégante ou une Rolex. De leur côté, les usagères de la gare, qui connaissaient moins bien les clients des boutiques de luxe, avaient tendance à percevoir un client élégant comme ayant un statut supérieur ou similaire à celui d’un client mal habillé.

Les vendeuses de l’étude semblaient croire que le client habillé de manière décontractée s’écartait délibérément de ce qui était considéré comme une tenue appropriée pour un magasin de luxe. L’une d’elles a noté que « Les gens riches s’habillent parfois très mal pour démontrer leur supériorité » et que « si vous osez entrer dans ces boutiques mal habillées, vous allez certainement acheter quelque chose ». Cependant, les usagers de la gare ne pensaient pas qu’un client pouvait entrer intentionnellement dans une boutique mal habillée.

L’étude a renforcé l’idée que les observateurs qui connaissent bien l’environnement et la façon dont les gens s’habillent habituellement, les vendeuses dans ce cas-ci, sont plus susceptibles d’accorder un statut supérieur à une personne qui s’habille différemment.


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