Petit traité de l’abandon par Alexandre Jollien

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« Plus on s’abandonne à l’instant présent, plus on est dans l’action »

Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose.

Dans ce livre, l’auteur, infirme moteur cérébral, explique comment l’abandon est le grand projet de sa vie. Apprendre à accueillir ce qui est, sans lutter. Lâcher prise ou plutôt laisser être, mais sans passer par la phase d’acceptation qui exige un effort du moi. Ne pas se fixer dans une émotion, un souffrance, une attitude, ne pas mettre d’étiquette qui nous fige. Car l’abandon n’est pas résignation, bien au contraire.

Sous forme de petites anecdotes tirées de son vécu, il aborde différents thèmes pour mieux éclairer la notion d’abandon.

L’ami dans le bien est celui qui nous écoute sans nous juger, nous aime sans conditions.
L’amour inconditionnel, que nous nous devons d’exercer à notre propre égard, n’est pas la tolérance absolue mais la bienveillance totale par rapport à ce qui est, sans référence au passé.
La bienveillance signifie vouloir le bien des autres mais sans leur imposer notre vision du bien, sans nous fixer dans le bien.
Alexandre Jollien parle aussi de cette petite phrase, « Ce n’est pas compliqué« , qu’il a fait sienne et qui l’aide à s’abandonner à la vie en trouvant une réponse adéquate à ce que dictent les circonstances
Il évoque le poison de la comparaison, qui accroît la souffrance et crée le manque.
Le dépouillement, auquel invite la tradition bouddhiste, est la voie du détachement. C’est se débarrasser de toutes les représentations mentales dont on recouvre les choses, les êtres et nous-mêmes.
Le désir, lorsqu’il est adéquat, c’est-à-dire qu’il vient de nous et n’est pas importé du dehors, gagne à être entendu, dans le calme et la paix, sans jugement.
La détente, plus on la cherche, moins on l’atteint. En la cherchant, on en fait un objet. Or la détente doit advenir malgré nous, pour être le fruit d’une authentique et vraie rencontre.
La détermination, c’est la persévérance, c’est continuer coûte que coûte à avancer, faire ce pas, juste celui-là.

Juger la réalité, c’est vouloir occuper le trône de Dieu et la place est déjà prise

La foi et la prière permettent de plonger au fond de soi pour n’être que pure écoute, oser lâcher l’obligation de résultat, de réponse, et trouver le silence comme lieu de ressource.
La fragilité n’est pas une ennemie mais doit être accueillie et pour cela, il faut oser la patience, qui n’est pas une effort, une crispation mais un laisser être.
L’exercice de la gratitude ouvre notre capacité à recevoir tout ce que la vie nous donne. Si le bonheur procède de la conquête, la joie c’est s’ouvrir à ce qui est, à être dans le recevoir. La gratitude consiste à savourer ce qui est donné, à se nourrir de ce qui va bien.
Comment retrouver la gratuité ? Plus nous nous fixons d’objectifs, plus nous ressentons le stress de ne pas les atteindre. Comment se laisser flotter en se donnant tout entier dans l’action ? En réalité, nous sommes entièrement faits pour ce que nous faisons à la minute même.
La vertu lumineuse de l’humilité est celle du miroir, qui reflète la réalité sans la déformer. L’humilité, c’est avant tout être vrai, être en accord total avec la réalité du moment.
L’auteur illustre notre attitude vis-à-vis de nos ennemis intérieurs par  l’histoire de Saint-François d’Assise qui n’a pas tué le Loup de Gubbio mais lui a parlé, la apaisé et finalement l’a réconcilié avec les habitants.
L’exercice de la méditation consiste à voir la vacuité et donc à oublier la peur.
La rencontre nous permet de nous reposer de nous, de nous dépouiller un peu, de mettre à bas nos préjugés.
Le rire peut devenir un instrument de liberté, nous empêcher de nous fixer, de nous prendre au sérieux. À condition de rire de soi, jamais de l’autre.
Le mental s’évertue à créer des problèmes là ou il n’y en a pas. Une vie dans la simplicité passe par de petites habitudes qui visent à simplifier l’existence plutôt qu’à la remplir. Au quotidien, il est compliqué d’être simple.
Le Zen, enfin, consiste à se contenter d’être. Trois grands principes nourrissent la pratique de l’auteur au quotidien : 1) ne pas s’arrêter sur une pensée pour qu’elle ne se transforme pas en attachement, mais la laisser couler comme un torrent, 2) se souvenir que tout ce que l’on croit savoir sur la réalité ne sont que des étiquettes qui la figent, or « Le Bouddha n’est pas le Bouddha, c’est pourquoi je l’appelle le Bouddha », 3) savourer l’action simple, sans commenter le présent, ni anticiper l’avenir, ne faire qu’une seule chose à la fois.

A propos de l’auteur

Né le 26 novembre 1975 à Savièse en Suisse, infirme moteur cérébral atteint d’athétose, Alexandre Jollien a été alexandre_jollienplacé dans un institut pour personnes handicapées de 3 à 20 ans. Personnalité hors-norme, philosophe-écrivain auteur de plusieurs ouvrages, dont certains primés (Éloge de la faiblesse, Le Philosophe nu) il est également chroniqueur, conférencier et intervient dans le cadre du rapport au handicap. Il est marié et père de trois enfants.

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