Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même par Lise Bourbeau

Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même par Lise Bourbeau

20 août 2013 5 Par Barbara Reibel
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« Guérir nos blessures est la voie de l’autonomie affective »

 

Pour Lise Bourbeau, les problèmes d’ordre physique, émotionnel ou mental proviennent de cinq blessures importantes : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. La description détaillée de ces blessures et des masques développés pour ne pas en souffrir nous permet d’entreprendre la bonne démarche de guérison, celle qui mène au résultat recherché : être soi-même.

BLESSURES MASQUES
Rejet Fuyant
Abandon Dépendant
Humiliation Masochiste
Trahison Contrôlant
Injustice Rigide

Le rejet

Le rejet est la première des 5 blessures à se manifester, de la conception à un an. C’est le cas du bébé qui arrive par « accident » ou qui est du sexe non désiré. La personne rejetée ne croit pas à son droit d’exister.
Elle se fabrique un masque de FUYANT qui se reconnaît à un corps mince, qui ne prend pas de place. Le visage et les yeux sont petits.
Le rejet est vécu avec le parent du même sexe, précisément celui qui doit nous apprendre à nous aimer et à aimer les autres.
L’enfant fuyant est généralement sage et tranquille. Il s’invente un monde imaginaire, il est souvent dans la lune et sait se rendre invisible. Le fuyant est détaché du matériel, il est davantage attiré par le monde intellectuel. Il a des problèmes sexuels car il pense que la sexualité interfère avec la spiritualité. Le fuyant se croit nul et sans valeur et utilise très souvent les mots « nul », « rien », « inexistant », « disparaître ». Dans un groupe ou en famille, il a tendance à s’effacer et recherche la solitude.
Sa plus grande peur : la panique.

L’abandon

C’est la deuxième blessure qui fait le plus souffrir après le rejet car elle touche directement l’être. Elle s’éveille généralement entre un et trois ans. Un enfant peut se sentir abandonné si, par exemple, sa mère s’occupe d’un nouveau-né, si ses parents sont très occupés ou encore s’il est hospitalisé.
La blessure d’abandon est vécue avec le parent du sexe opposé.
La personne abandonnée ne se sent pas assez nourrie affectivement. Elle se fabrique un masque de DÉPENDANT qui se caractérise par un corps long, mince, qui manque de tonus. Les yeux sont grands et tristes, les jambes faibles, les bras trop longs, le dos courbé. Certaines parties du corps peuvent être tombantes ou flasques.
Les mots qui reviennent le plus souvent dans son vocabulaire sont : « absent », « seul », « je ne supporte pas », « je me fais bouffer ».
Le dépendant est, des 5 types, le plus apte à devenir victime. Il se crée des difficultés pour attirer l’attention, surtout des problèmes de santé, et dramatise beaucoup. Mais la victime aime aussi jouer le rôle de sauveur afin de s’attirer des compliments, de se sentir important. Le dépendant connaît souvent des hauts et des bas.
Sa plus grande peur : la solitude.

L’humiliation

Cette blessure s’active entre l’âge de un et trois ans. Elle est rattachée au monde physique, de l’avoir et du faire, et s’éveille au moment du développement du corps physique. C’est l’enfant que les parents traitent de « petit cochon » parce qu’il s’est sali.
La blessure d’humiliation est le plus souvent vécue avec la mère mais elle peut être vécue avec le père si celui-ci s’occupe du développement physique.
Le masque de la personne humiliée est le MASOCHISTE. Elle recherche la douleur et l’humiliation, généralement de façon inconsciente.
Comme elle se sent moins bien que les autres, elle développe un corps gros, rondelet. Son visage est rond, ses yeux sont grands, ronds, ouverts et innocents comme ceux d’un enfant.
Le masochiste est très performant et prend beaucoup sur ses épaules. Il prend facilement du poids. Il se crée des contraintes et des obligations, dont il se plaint, se considère comme dévoué mais ne se sent pas vraiment reconnu. La mère a souvent beaucoup d’emprise sur un masochiste, emprise qui peut perdurer même lorsqu’elle est décédée. Le masochiste est rarement en contact avec ses propres désirs, ses propres besoins.
Il utilise souvent les mots « petit » (« as-tu une petite minute pour moi ? »), « gros », « être digne » ou « être indigne ».
Sa plus grande peur : la liberté.

La trahison

Cette blessure est éveillée entre deux et quatre ans. Elle est vécue avec le parent du sexe opposé, avec lequel il y aura un fort complexe d’Œdipe.
Le masque créé par cette blessure pour s’en protéger est celui de CONTRÔLANT.
Le contrôlant veille au respect des engagements, à être fidèle et responsable. Il se crée un corps qui reflète la force et le pouvoir : des épaules larges chez l’homme, un corps en forme de poire chez la femme.
On retrouve dans son vocabulaire des expressions telles que : « laisse-moi faire seul », « je le savais », « fais-moi confiance ».
Le contrôlant est celui qui a le plus d’attentes envers autrui. Il aime prévoir pour mieux contrôler et déteste l’imprévu. Il a une forte personnalité et est convaincu d’avoir raison. Il affirme son point de vue de manière catégorique et veut à tout prix convaincre les autres. Le contrôlant comprend et agit rapidement ; il a peu de patience pour les lents. Il vit de la colère lorsque ça ne va pas assez vite à son goût. Il aime finir le premier surtout en cas de compétition. Il devient facilement agressif. Des 5 profils, c’est celui qui a le plus de sautes d’humeur.
Ses plus grandes peurs : la dissociation, la séparation, le reniement.

L’injustice

Cette blessure s’éveille au moment du développement de l’individualité de l’enfant, soit entre quatre et six ans, avec le parent du même sexe, dont il souffre de la froideur, de la sévérité, de l’autoritarisme.
Le masque créé par cette blessure est celui de la RIGIDITÉ. Les personnes rigides sont très sensibles mais elles se coupent de leur ressenti. Elles ont tendance à se croiser les bras, ce qui bloque le plexus solaire (ressenti). Elles s’habillent souvent en noir. Le rigide cherche la justice et la justesse à tout prix, il en devient perfectionniste. Son corps est droit, rigide, bien proportionné, le plus parfait possible. C’est lui qui a le plus peur de prendre du poids et fera tout pour ne pas grossir.
La religion a plus d’influence sur le rigide pour qui les notions de bien et de mal sont essentielles. Il dit souvent « pas de problème », « toujours », « jamais ».
Le rigide est injuste envers lui-même. La personne rigide aime l’ordre, ce qui peut tourner à l’obsession. Elle est attirée par tout ce qui est noble. Elle vit souvent du stress car elle s’impose la perfection en tout. Elle est rarement malade et est très dure avec son corps.
L’émotion la plus courante vécue par le rigide est la colère, surtout contre lui-même. Il est froid, a du mal à se laisser aimer et à montrer son affection.
Sa plus grande peur : la froideur.
Au niveau alimentaire, le rigide préfère les aliments salés aux aliments sucrés. Il est le plus enclin à devenir végétarien.

Guérison des blessures et transformation des masques

Nous sommes attirés par des personnes qui ont les mêmes blessures que nous. Lorsque leurs « défauts » nous agacent, c’est parce qu’elles nous renvoient les parties de nous que nous ne voulons pas voir par peur d’avoir à les changer. Or nous n’avons pas à changer, mais simplement à guérir.

Il ne faut pas s’attacher aux mots qui décrivent les masques mais à son ressenti et surtout aux caractéristiques physiques car le corps ne ment jamais.

Notre ego fait tout pour que nous ne voyions pas nos blessures, pour nous éviter de souffrir. Mais plus nous attendons pour régler nos blessures, plus elles s’aggravent, et avec l’âge elles refont surface car le contrôle a ses limites. Or en reconnaissant nos blessures nous regardons enfin au bon endroit, nous entrons dans l’acceptation car chaque masque est là pour nous indiquer que nous ne nous aimons pas assez.

Pour qu’un problème disparaisse, il faut d’abord l’accepter, lui donner de l’amour inconditionnel plutôt que vouloir le faire disparaître. Aimer et accepter une blessure signifie la reconnaître, savoir que nous sommes revenus sur terre pour régler ce genre de blessures et accepter que notre ego a voulu nous protéger en créant un masque. Mais aujourd’hui ce masque nous nuit plus qu’il ne nous aide.

La guérison se fait en plusieurs étapes. La première étape consiste à être conscient du masque que nous portons, la deuxième à éprouver une certaine résistance à la lecture des blessures et masques, la troisième à se donner le droit d’avoir souffert et d’en avoir voulu à ses parents. Enfin, la quatrième étape est celle où nous redevenons nous-mêmes, celle où nous cessons de croire que nous avons besoin de nos masques pour nous protéger. C’est l’amour de soi. Étant donné le pouvoir de guérison de l’amour, il faut s’attendre à des transformations dans sa vie, au niveau relationnel comme physique.

S’aimer signifie se donner le droit d’être tel que nous sommes y compris de blesser parfois les autres en les rejetant, les abandonnant, les humiliant, les trahissant ou en étant injuste avec eux. L’amour véritable est l’expérience d’être soi-même. Pour atteindre cette étape plus rapidement, on peut faire un bilan à la fin de chaque journée : prendre conscience du masque utilisé, noter son ressenti, se pardonner d’avoir utilisé ce masque. Aucune transformation n’est possible sans acceptation. L’acceptation est l’élément déclencheur qui met en marche la guérison. Il est surprenant de constater que plus l’on se donne le droit de trahir, de rejeter, d’abandonner, d’humilier, d’être injuste, moins on le fait ! Cette notion n’a pas besoin d’être comprise, elle doit être expérimentée.

Voici quelques pistes qui indiquent que nos blessures sont en voie de guérison :
– la blessure de rejet guérit lorsque l’on prend de plus en plus de place, que l’on ose s’affirmer.
– la blessure d’abandon guérit quand l’on se sent bien même seul et que l’on recherche moins l’attention.
– la blessure d’humiliation guérit quand on en prend moins sur les épaules et que l’on se sent plus libre.
– la blessure de trahison guérit quand on lâche prise plus facilement.
– la blessure d’injustice guérit lorsque l’on est moins perfectionniste et que l’on s’autorise à faire des erreurs.

Guérir nos blessures est la voie de l’autonomie affective qui nous aide à atteindre une grande paix intérieure et nous permet de libérer une énergie qui peut être utilisée à des fins productives : devenir maître de notre vie au lieu de nous laisser diriger par nos peurs.

 À propos de l’auteure

Lise_BourbeauLise Bourbeau, née le 14 février 1941, est fondatrice (en 1982) de la plus grande école de développement personnel au Québec, Écoute ton corps, dont les ateliers sont dispensés dans plus de vingt-deux pays. Formée en sciences humaines, elle enseigne une philosophie de vie qui vise le bien-être physique, émotionnel et mental.
Elle est l’auteure de 24 livres traduits dans le monde entier dont le best-seller Écoute ton corps ton plus grand ami sur la terre. Elle a vendu plus de 3 millions de livres à ce jour.

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